Conférence : BA 107

26 mars 20267 minutes

La base aérienne de Vélizy-Villacoublay fête ses 90 ans ! Pour cela, elle a mis en place plusieurs actions de communication : une exposition photos des différents métiers affiché près de la mairie et une série de conférence dans les villes concernées : Bièvres, Vélizy et Jouy-en-Josas. Nous sommes allés assister à cette conférence fort intéressante. Découpée en 3 interventions :

1- Historique par le colonel Marquis

la date de départ choisie par le colonel est 1884 qui correspond au premier vol en circuit fermé (le point d'arrivée est au même endroit que le point de départ)d'un aéronef, en l'occurence un dirigeable !

Le 9 août 1884, à 16 heures, le dirigeable « La France » quitte le Hangar Y de Meudon (Hauts-de-Seine) et s'envole. En vingt-trois minutes, il parcourt 7,6 km, piloté par les aéronautes français Charles Renard et Arthur Krebs. C'est la première fois de l'histoire qu'un aéronef réussi à voler en circuit fermé, à savoir avec un retour à son point de départ.

1908 : le conte de Lambert, qui acheminait ses 2 biplans par char à bœufs de Juvisy (qui avait été inondé) vers Saint-Cyr, s'installe sur le plateau suite à l'invitation du fermier Paul Dautier. Et donc il y a fondé une première école d'aviation, puis les frères Morane en ont ouverte une deuxième qui a fonctionné jusqu'en 1966. Ensuite Louis Breguet y a installé une troisième école et des ateliers et enfin Nieuport est venu en ouvrir une quatrième !

1912 : Décision prise de confier l'aviation au génie et en particulier au général Roque. En quelques années la flotte passe de 24 avions à 72.

Des tas d'essais techniques et d'essais en vol se succèdent. Parmi les clichés que nous présente le colonel un ancêtre de l'hélicoptère pas très convainquant.

1914 : la flotte militaire se monte à 130 avions ce qui est tout à fait comparable aux autres flottes européennes.

Pendant la guerre, beaucoup d'innovations : par exemple la mise au point du tir à travers l'hélice (avec une étape intermédiaire où un déflecteur permet de dévier les tirs mal synchronisés !). C'est aussi pendant cette période que dans les ateliers Breguet situés sur ce plateau, le modèle 14 est mis au point, c'est celui qui sera utilisé par l'héroique aéropostale !

les années 20 : le terrain sert essentiellement pour les transits d'avions. Il sert aussi à l'école Morane et permet la mise au point du Breguet 19.

les années 30 : création de la base aérienne 107 et du CEMA

Le chef d'état-major des armées (CEMA) est un officier général français. Militaire le plus gradé de l'armée française, il assure le commandement de toutes les opérations militaires sous l'autorité du président de la République et sous réserve des dispositions particulières relatives à la dissuasion nucléaire. Il assiste et conseille le gouvernement dans l'exercice de ses attributions relatives à l'emploi des forces ; son adjoint est le major général des armées.

1934 : implantation de la première escadre aérienne provenant du 34e Régiment mixte d’aviation.

Après la création de l’Armée de l’air en 1934, la partie militaire du site devient administrativement la base aérienne 107 par Instruction ministérielle du 7 août 1936. Elle regroupe tous les services répartis entre les formations de Versailles et de Villacoublay :

  • l’École de l'air jusqu'à son transfert à Salon-de-Provence en 1937,

  • la première Escale aérienne,

  • le Centre aérien régional,

  • la Direction du réseau radio centre de l’Armée de l’air.

Elle porte le nom de « sous-lieutenant René DORME », as de la première guerre mondiale aux 23 victoires aériennes tombé à l’est du fort de la Pompelle près de Reims le 25 mai 1917.

En 1935-1936, Louis Charles Breguet, qui s'intéresse à l'hélicoptère depuis longtemps (son premier prototype, le Gyroplane Breguet-Richet, remonte à 1907), réussit à faire voler, à Villacoublay, son Gyroplane Laboratoire à rotors contrarotatifs. Piloté par Maurice Claisse lors de 200 essais au sol et une cinquantaine de vols, l'appareil bat les records mondiaux de vitesse (121 km/h le 21 décembre 1935), d’altitude (158 mètres le 22 septembre 1936) et de durée de vol (une heure le 24 novembre 1936) pour un hélicoptère. Il reste une machine expérimentale.

Le 9 août 1937 est créée une escadrille ministérielle, ancêtre du futur Groupe de liaisons aériennes ministérielles (GLAM).

Le 3 juin 1940 la base aérienne est lourdement bombardée par la Luftwaffe durant l'Opération Paula. 200 bombes sont larguées par vagues successives en 35 minutes. On dénombre 9 morts, 26 blessés et 17 avions endommagés ou détruits. De plus, quelques maisons du village, qui pâtit alors pour la première fois de sa proximité avec la base aérienne, sont touchées.

Le 13 juin 1940 les Allemands s’emparent de la base, évacuée par les Français depuis le 10 ou 11 juin. Ils l'occupent durant quatre années. Ils trouvent des installations et des avions intacts.

Après la Libération, en août 1944, le terrain devient américain. Il abrite une escadre de chasseurs-bombardiers Republic P-47 Thunderbolt et sert à un important pont aérien entre la France et le Royaume-Uni. Une unité française y est stationnée : le Groupe de liaisons aériennes ministérielles (GLAM), créé à Boufarik (Algérie) en 1943. Le terrain est officiellement rétrocédé à la France en janvier 1947. Entre-temps, les Américains ont construit l'actuelle piste bétonnée, désignée « 09/27 ».

L'exposé historique s'arrête à cette date.

2- Protection de l'espace aérien par le commandant François

Cette fonction de protection peut être déclinée en 4 grands pôles :

  • Haute intensité

  • Cyber et Numérique

  • Fragilité stratégique (par exemple les chaines d'approvisionnement)

  • Dérèglement climatique

L'armée de l'air assure :

  • la Posture permanente de sûreté aérienne, surveillance spatiale (assurée par Toulouse), Dissuasion nucléaire (missile à tête nucléaire).

  • Missions intérieures : participation à l'opération Sentinelle et à certains évènements sensibles

  • Service Public : recherche et sauvetage en cas de crash aérien et évacuation sanitaires (en particulier des transports d'organe).

la Posture permanente de sûreté aérienne :

La coopération avec l'aviation civile permet d'avoir à disposition 70 radars et 3 centres de contrôle (Lyon, Tours, Mont de Marsan). Au sol, utilisation de fusil brouilleur, de bassalt ou de radar mobile et en sol-air : missile.

Processus : Détecter - Identifier (typage ; ami, neutre, suspect, hostile) - Intercepter (le maillage des avions et hélico permet une interception en moins de 15').

3 niveaux : renforcée, patrouilles actives, bulle complète (comme les JO à Paris ou tout récemment la visite du pape à Monaco).

En 2025 : 12 demandes et 223 sorties d'avions.

3- Témoignage par le sergent-chef Dalmain

Initialement fusilier parachutiste a décidé de passé sur le déminage et est basé à Vélizy depuis 4 ans. Il ait partie du groupe central d'intervention NEDEX.

Il s'occupe des munitions (retrouvées lors de travaux), des colis suspects et est spécialiste des dangers NRBC (nucléaire, radiologique, biologique, chimique).

Des missions préventives lui sont aussi confiées : fouille de bâtiments (exemple les Invalide juste avant l'hommage à Jospin).

Il nous a détaillé deux interventions :

  • une mission récurrente en Jordanie pour détruire les sous-munitions (qui ressemblent à des balles de fusil) en les faisant exploser dans le sable (ce qui en comprimant le sable crée des cailloux).

  • le déminage d'un colis suspect à Vélizy qui s'est avéré un colis de magazines de la marine nationnale !

Il nous a montré son équipement anti-explosif (40kg) et expliqué qu'il avait à disposition beaucoup de moyens de détection regroupé dans un camion.

Aujourd'hui :

La base abrite trois escadrons navigants :

  • l'escadron de transport 60 (ET 60) qui a notamment pour mission d'assurer le transport du président de la République et des autorités gouvernementales sur 1 Airbus A330-200, 2 Falcon 7X, 2 Falcon 900, 2 Falcon 2000, et 3 Super Puma ;

  • l'escadron d'hélicoptères 3/67 Parisis sur AS 555 Fennec.

  • l'escadron de transport 41 Verdun destiné au transport de hautes autorités militaires en TBM 700.

Elle abrite également d'autres unités opérationnelles : l'Escadrille Aéro Sanitaire (EAS) 6/560 « Étampes » chargée des évacuations sanitaires et l'Escadron de Soutien Technique Aéronautique (ESTA).

La base aérienne 107 accueille également des unités non navigantes.

Au total cette base emploie 2600 personnes. Elle met à disposition 1000 lits dont régulièrement 800 sont occupés.

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