Vol de nuit

17 septembre 20222 minutes

Je me souviens d'un voyage catastrophique, cauchemardesque, digne d'un film de fiction tant il parait peu probable d'enchaîner autant de mésaventures ! Courant octobre, nous avions décidé de voyager de nuit pour profiter au maximum de nos quelques jours de vacances en Crète.

Hélas une grève des contrôleurs a compromis ce départ. L'agence de voyage a réquisitionné un car et nous voici, mal installés, en route pour l'aéroport de Bruxelles. Aucun paysage à voir dans l'obscurité et un chauffage défaillant!

A l'aéroport, quasi désert, nous avons été bousculés et embarqués sans ménagement. Le personnel au sol comme celui à bord avait l'air épuisé et maussade : réquisitionnés eux aussi ?

Des turbulences ont accompagné l'avion de bout en bout et il ne nous a même pas été proposé de rafraichissement !

A l'arrivée, le tout petit aéroport était fermé ! Nous sommes descendus directement sur le tarmac et avons récupéré nos bagages depuis la soute. Heureusement les grecs exubérants qui déchargeaient et le bruit de la mer toute proche donnaient un air joyeux à cet atterrissage pour le moins non conventionnel ! Nous n'avons pas vu le moindre officiel que ce soit la douane, la sécurité ou autre...

De très jeunes gens brandissaient les pancartes des différentes agences de voyage et les éclairaient à la lampe torche. Notre correspondante, alerte et joyeuse malgré l'heure, entassa voyageurs et bagages dans un mini car, conduit par un chauffeur ne parlant que le grec. Il distribua les touristes dans les hôtels.

Pour nous ce fut au bord de la route et nous comprimes qu'il fallait descendre à pied, avec nos valises, un chemin vers la mer. Le ciel étoilé nous permettait à peine de suivre la piste jusqu'à l'hôtel plongé dans le noir. Une cloche invitait à sonner. Nous avons visiblement réveillé le gardien qui après avoir longuement consulté le registre a fini par téléphoner à un responsable. Après une courte discussion dans un grec précipité, le veilleur nous expliqua dans un anglais scolaire que nous n'avions pas de chambre pour cette nuit (vu notre arrivée tardive, ils l'avaient donné à d'autres) mais que nous logerions, pour une nuit seulement, chez l'habitant. Et donc c'est dans un triporteur bringuebalant que nous avons effectué la dernière étape de ce voyage interminable. Le temps que notre hôte finisse de mettre des draps propres, l'aube se levait...

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