Secret Santa
14 février 20262 minutes
Secret Santa
14 février 20262 minutes
Cette année le Secret Santa m'a réservé une drôle de surprise. Bien emballé dans un papier cadeau bleu nuit étoilé d'or, une petite boite en carton blanc et, dans cette boite, un aller-retour pour Luanda, capitale de l'Angola ! Après les exclamations convenues et les remerciements anonymes, je me suis rapproché d'Amir, notre collègue angolais et, effectivement, c'était bien lui l'auteur de ce cadeau extraordinaire. Il est d'usage d'utiliser un budget raisonnable bien en-dessous du prix d'un billet d'avion. Il m'a rassuré tout de suite, il n'a pas dépassé les limites, il a utilisé ses points de fidélité. Il était vraiment ravi de pouvoir me faire découvrir son pays et sa famille, car, bien sûr, le cadeau comprenait l'hébergement chez ses parents. J'étais très embarrassé mais difficile de refuser. Amir m'a aidé à obtenir le visa et il devait me rejoindre quelques jours plus tard. Donc, début février, j'embarquais seul à Charles de Gaulle pour cette contrée inconnue. A l'atterrissage, l dépaysement étai au rendez-vous, je devais être l'unique blanc de tout l'aéroport ! Ah non, une famille de quatre là-bas, prise en charge par un ranger noir et s'éloignant en quatre-quatre. Un homme distingué portait une pancarte à mon nom. Je me dirigeais vers lui avec un sourire un peu timide. Je ne parle pas un mot d'angolais (ou devrais-je dire de portugais ?) mais heureusement le père d'Amir parlait suffisamment anglais pour des échanges polis et pragmatiques. Dans une belle voiture climatisée, conduite par un chauffeur stylé, nous traversâmes des bidonvilles sordides avant d'atteindre une grande ville moderne à l'occidentale. Henrique, le père d'Amir portait un prénom reflet de la colonisation portugaise, se fit guide pour m'indiquer la promenade en bord d'océan, portant le nom de Marginal, qui longe la baie de Luanda. À proximité il me fit remarquer la forteresse de São Miguel, un édifice bien conservé datant du XVIe siècle et abritant aujourd'hui le musée des Forces armées et me recommanda l'île de Luanda, une longue et étroite péninsule dans la baie parsemée de plages, de bars et de restaurants. Nous atteignirent enfin les quartiers pavillonnaires et la voiture pénétra dans une grande propriété privée. Mon hôte fit signe au chauffeur de prendre les bagages et m'entraîna dans un vaste jardin luxuriant et nous nous assîmes sur de confortables fauteuils en osier et nous sirotâmes un thé glacé dans un silence amical. Après les fatigues du voyage, je me détendais et ressentais une plénitude devant la nature exubérante de ce lieu.