Mes combats
26 janvier 20263 minutes
Mes combats
26 janvier 20263 minutes
Je suis révoltée, par nature dirait maman ! Toute petite déjà, je n'acceptais pas l'école. Moi, j'étais bien à la maison et je ne vois pas pourquoi je devais faire "comme tout le monde". C'est l'argument le moins convainquant que je connaisse : "comme tout le monde" ! Ensuite les règles d'orthographe me rebutaient, pas que je ne sache pas les apprendre (j'ai une excellente mémoire) ou les appliquer (ce n'est pas si compliqué) mais à nouveau la principale raison d'être de l'orthographe, c'est la conformité ! Moi, je pense que si on peut lire ce que j'ai écrit, c'est bien suffisant. L'intérêt étymologique de tel ou tel mot ne me touche pas et d'ailleurs l'utilisation dans les sms ou les réseaux sociaux de "dsl" ou "mdr" me donne raison. Evidemment, mes études ont été... diversifiées. Pour le fameux projet transverse du bac, j'avais choisi le cannabis. J'ai eu une bonne note malgré une réflexion sur le côté provocateur du sujet. Dans un premier temps, je me suis lancée dans des étude de droit. Bien sûr je voulais défendre les petits contre les gros, le pot de terre contre le pot de fer et combattre l'injustice partout où je la trouverai ! Quelle déception ! Dans ma promo d'une centaine de personnes, tellement d'entre eux étaient enfants d'avocats, de juges ou de notaires et résolument orientés vers le profit que ces professions pouvaient procure. Avec mes idées à la Erin Brockovich, j'étais si isolée. Alors j'ai abandonné avant que mon environnement ne me transforme. J'ai attaqué en deuxième choix, un BTS de communication, en alternance. J'avais obtenu, pour la partie pratique, un stage chez Astrium côté lobbying. A nouveau que de déceptions dans ce monde feutré où les non dits s'accumulent. Les négociations sont tellement codées et travesties d'allusions ou de messages obscurs qu'à nouveau je ne savais plus où j'en étais et dans le même temps je cumulais les ruptures amoureuses : soit je trouvais mon compagnon trop timoré dans ses positions, soit c'est lui qui partait me reprochant d'être trop vindicatives. Je tins bon jusqu'à l'obtention de mon diplôme puis je changeai à nouveau de voie et partis pour une année aux USA comme jeune fille au pair. Les Etats-Unis me sont apparus comme un pays liberticide, la famille où j'étais, utilisait des caméras pour me surveiller avec les enfants ! J'ai demandé à changer de famille et je me suis retrouvée témoin de violences conjugales, à vrai dire c'est moi qui est composé le 911 ! L'organisme de gestion des jeunes filles au pair m'a rapatriée fissa en France. J'ai rencontré un handicapé de mon âge, nous avons vécu ensemble et je me suis mise à combattre les discriminations que subissent ces personnes mais c'est un combat à la David contre Goliath... sans lance-pierre ! Au final, il est parti aussi, mes combats incessants contre l'administration, ses employeurs et le manque d'équipements adaptés l'ont... fatigué. Comme il fallait bien trouver un emploi, j'ai repris mes études en free lance et j'ai obtenu un master en sociologie et le concours de professeur des écoles. J'ai délibérément choisi d'enseigner en REP, on obtient facilement ces postes qui ne sont pas demandés. Et maintenant je lutte tous les jours pour donner une chance aux élèves défavorisés auxquels j'enseigne. Je me retrouve à effectuer un signalement pour la DAS au moins une fois par an, mais j'ai vraiment l'impression d'être utile. Ce combat là, j'ai l'intention de le mener longtemps.