Conférence UOV : Les musées du Vatican
26 mars 202610 minutes

Conférence UOV : Les musées du Vatican
26 mars 202610 minutes
Les musées du Vatican constituent un ensemble muséal situé au Vatican. Il regroupe douze musées, ce qui représente cinq galeries et mille quatre cents salles. L'ensemble abrite l'une des plus grandes collections d'art dans le monde, car il expose la vaste collection d'œuvres d'art, notamment peintures et sculptures, rassemblée au fil des siècles par les papes.
Il est impossible de les visiter en une seule journée et encore plus difficile de les présenter en 1h30 (durée de la conférence), donc Amélie se concentre sur 12 œuvres majeures plus les 4 chambres de Raphaël et la chapelle sixtine.
1- Dans la pinacothèque :
le triptyque de Stefaneschi,
Ce triptyque (tableau à trois panneaux) doit son nom au cardinal Jacopo Caetani degli Stefaneschi, qui en fit la commande pour l’ancienne Basilique Saint-Pierre. Peint des deux côtés, il devait être vu aussi bien par le prêtre que par les fidèles. Sur la face avant sont représentés le Christ en chaire au milieu des Anges et le cardinal Stefaneschi, entre la crucifixion de saint Pierre à gauche et le martyre de saint Paul à droite. Au-dessous, sur la prédelle, la Vierge à l’Enfant en chaire entre deux anges et les douze apôtres. Sur la face arrière, le panneau latéral représente saint Pierre en chaire avec le cardinal Stefaneschi tenant dans ses mains la maquette du triptyque* et le pape Célestin Ier; et sur les panneaux latéraux, saint Jacques et saint Paul à gauche, saint Jean l’Evangéliste et saint André à droite. Il ne reste qu’un panneau de la prédelle, avec trois Saints. Cette œuvre fut réalisée par Giotto, avec la collaboration de son atelier, entre 1315 et 1320.
*1er exemple de récursivité.
Cette œuvre marque un tournant dans l'art religieux qui, jusque là, copiait le style byzantin. Ici les silhouettes sont moins rigides, une ébauche de mouvement. Par ailleurs elle a aussi une portée politique car elle incite le pape alors en Avignon à revenir au siège de St Pierre, donc à Rome !
Anges musiciens de Melozzo da Forli
Les 14 fragments représentant les Apôtres et Anges musiciens (exposés également dans la salle IV) avec la représentation du Christ (maintenant au palais du Quirinal) faisait partie de l’ancienne décoration de l’abside de l’église des Saints-Apôtres à Rome. Cette décoration représentait l’Ascension du Christ. La fresque, détruite en 1711, fut exécutée par Melozzo da Forlì vers 1480, peu avant les travaux de rénovation de l’église ordonnés par le cardinal Julien della Rovere, futur pape Jules II (pontificat de 1503 à 1513). Les personnages, solennels et monumentaux, aux traits bien définis montrent la pleine maturité artistique de ce grand peintre natif de Forlì, élève de Piero della Francesca. Cette œuvre dévoile ses grandes capacités en matière de perspective(s).
Cranach l'ancien Piéta 1537 un des rares peintres non italiens (flamands) permet de mettre en évidence l'opposition entre le pathos allemand et la puissance italienne.
Couronnement de la Vierge de Pinturicchio 1503
Le Couronnement de la Vierge pour l'église Santa Maria della Pietà della Fratta près d'Umbertide (maintenant à la Pinacothèque Vaticane), en est un exemple, composé selon des schémas typiquement ombriens, avec la scène sacrée au sommet dans une vesica piscis et un groupe d'apôtres et de saints dans la partie inférieure dominée par le paysage, disposés en cercles concentriques autour de la figure centrale de saint François d'Assise, saint des mineurs franciscains qui a commandé le retable.
Saint Jérôme de Léonard de Vinci 1480-1482
Pas vraiment terminé. Saint Jérôme est représenté près du lion à qui il a enlevé une épine de la patte. Le caillou dans sa main droite lui permet d'être réveillé dès qu'il le lache en s'endormant.
Raphaël : la madone de Foligno 1513 (à l'arrière plan, la maison frappée par la foudre) et la Transfiguration 1516-1520, dernière oeuvre du peintre.
Véronèse : Vision de Sainte Hélène 1580. Ce tableau illustre la rivalité entre Venise et Rome. Sainte Hélène est la mère de constantin (qui prolonge l'édit de Milan de tolérance religieuse)
Le Caravage : La mise au tombeau 1602-1604. La structure des personnages en diagonale sur un fond noir donne un dynamisme à cette peinture (presque comme les mouvements décomposés en photo) de la croix vers le tombeau avec au bout de la diagonale la fleur symbolisant la résurrection.
Guido Reni : Saint Matthieu et l'Ange 1635 : tendresse et simplicité
Orazio Gentileschi : Judith et la servante avec la tête d'Holopherne 1624. Par rapport aux nombreuses autres représentation, il y a une complicité entre les 2 femmes et aussi une peur (elles doivent maintenant réussir à quitter le camp)
2- La galerie des cartes
Avec ses 120 mètres de long et ses 6 mètres de large, la Galerie des Cartes géographiques doit son nom aux 40 représentations cartographiques des territoires italiens et des possessions de l’Église que Grégoire XIII a voulu faire représenter pour recréer toute la péninsule à l'échelle. Construite entre 1578 et 1580 par Ottaviano Nonni dit Mascherino, la Galerie a été peinte à fresques en moins de deux ans par une importante équipe d’artistes, coordonnés par les peintres Girolamo Muziano et Cesare Nebbia, tandis que le projet iconographique fut confié à une des plus importantes personnalités scientifiques de l’époque, le dominicain de Pérouse Egnazio Danti, cosmographe, astronome et mathématicien. En parcourant la Galerie par l’entrée sud, les territoires individuels, représentés en 32 cartes, sont alignés selon une séquence qui va du nord vers le sud, divisés idéalement par les Apennins, avec les régions baignées par les mers ligure et tyrrhénienne sur le mur vers la Cour du Belvédère, et les régions entourées par les Alpes et l’Adriatique sur le mur vers les Jardins.Aux extrémités de la Galerie, 8 cartes plus étroites représentent, de part et d’autre de l’entrée actuelle, le Siège de Malte et la Bataille de Lépante, entourées d’une part de l’Île d'Elbe et des Îles Tremiti et, sur le mur opposé, les quatre ports principaux de l’époque : Civitavecchia, Gênes, Venise et Ancône. Danti ajouta à chaque carte des inscriptions qui en accentuaient les principales caractéristiques géopolitiques, en y insérant aussi les plans des villes les plus importantes et quelques historiae évoquant des événements de l’histoire ancienne et moderne, comme la Bataille du Métaure, lorsque les troupes carthaginoises furent écrasées par les troupes romaines (207 av. J.-C.), ou le siège de Mirandola par Jules II (1511).C’est Danti toujours qui a conçu le programme iconographique de la voûte, en 51 panneaux, ornés de riches encadrements en stuc et alternés à des scènes de l’Ancien Testament, des personnages de la Bible et des allégories des vertus chrétiennes, qui illustrent des épisodes significatifs de l’histoire de l’Église ou de la vie de saints liés aux régions peintes en dessous.
3-Pio Clementino
Situé dans le Petit Palais du Belvédère, il est le plus important complexe des musées du Vatican. Comptant une douzaine de salles, il abrite de riches collections des périodes grecque et romaine, dont certains chefs-d'œuvre de l'art mondial. Le musée a été fondé par le pape Clément XIV en 1770, à la suite de l'achat des collections Fusconi et Mattei. Enrichi par son successeur le pape Pie VI jusqu'en 1793, le musée doit son nom (Pio-Clementino) aux deux souverains pontifes.
L’Apollon du Belvédère est une copie romaine en marbre de l'époque antonine d'après un original grec en bronze habituellement attribué à Léocharès, sculpteur de la deuxième moitié du IVe siècle av. J.-C. Elle représente le dieu Apollon en marche, tenant à la main ce qui était probablement un arc.
Le groupe du Laocoon est une copie romaine en marbre d'une sculpture grecque antique en bronze représentant le prêtre troyen Laocoon (qui avait décelé le piège du cheval en boie et du coup fut tué par 2 serpents dirigés par Poséidon) et ses deux fils attaqués par des serpents. La statue pourrait dater de 40 av. J.-C. Elle est en marbre à grain fin. Le groupe est issu de huit blocs de marbre. Elle mesure 2,42 m de hauteur et 1,60 m de largeur. La scène est décrite notamment dans l’Odyssée et l’Énéide. C'est l'une des œuvres les plus représentatives de l'art hellénistique. Elle est conçue pour un seul point de vue.
4-Les chambres de Raphaël
L'intention de Jules II est probablement de surpasser les appartements de son prédécesseur et rival Alexandre VI, les Stanze se trouvant exactement au-dessus des anciens appartements Borgia.Le pontife confie en 1509, à Raphaël, l'ensemble du projet décoratif, peut-être sur les conseils de Bramante lui-même et de Pinturicchio, n'hésitant pas à détruire toutes les décorations précédentes, récentes et du XVe siècle. Raphaël, assisté d'un grand nombre d'aides et d'élèves, travaille sur le chantier, pièce après pièce, jusqu'à sa mort en 1520. Ses élèves terminent en 1524 les fresques de la chambre de Constantin dont la décoration est basée sur sa conception.
Chambre de la signature : l'école d'Athènes (vrai scientifique et philosophique) et le Parnasse (beau) font face à la dispute du Saint Sacrement (vrai théologique) et aux vertus cardinales (beau théologique). Au plafond, la justice est au centre. Remarque : le chantier de la basilique Saint Pierre est représentée en fond de l'école d'Athènes.
Chambre d'Héliodore : En juin, le pape est revenu à Rome après une campagne militaire désastreuse contre les Français, qui a entraîné la perte de Bologne et la menace continue des armées étrangères dans la péninsule
En ce moment d'incertitude politique, un programme décoratif est décidé qui met l'accent sur la protection accordée par Dieu à son Église à certains moments de son histoire, décrivant des interventions miraculeuses contre des ennemis internes et externes, et s'appuyant sur le culte de l'Eucharistie, particulièrement cher au pontife. Par rapport à la salle précédente, les innovations stylistiques, issues de la comparaison avec Michel-Ange et des coloristes vénitiens, sont évidentes. Les sujets sont fortement dramatiques comme il convient au thème de la protection miraculeuse.
Chambre de l'Incendie du Borgo : La chambre de l'Incendie de Borgo est la dernière dans laquelle une intervention directe de Raphaël est visible. L'exécution des fresques est confiée en grande partie à ses assistants car le maître est alors occupé par d'autres commissions papales.Des épisodes de la vie des papes Léon III et Léon IV sont représentés dans les fresques, notamment l'incendie du quartier Borgo qui donne son nom à la pièce : en 847, un incendie se déclare dans le quartier devant la basilique Saint-Pierre ; Léon IV parvient à éteindre l'incendie grâce à une bénédiction solennelle miraculeuse.Les autres scènes sont consacrées au couronnement de Charlemagne par Léon III en l'an 800, au serment de Léon III, épisode durant lequel le pape dut se défendre contre les accusations des neveux du pape précédent, Adrien Ier, et la bataille d'Ostie qui voit la victoire miraculeuse des troupes de Léon IV sur les Sarrasins en 849.
Chambre de Constantin :Raphaël, dans les dernières années mouvementées de sa vie, n'a que le temps de préparer les cartons avant sa mort en 1520. Cette chambre est la plus grande. Les fresques sont réalisées après la mort de Raphaël par Jules Romain, Gianfrancesco Penni et Raffaellino del Colle. Les fresques sont dédiées à des épisodes de la vie de l'empereur romain Constantin : La Vision de la Croix, vision de Constantin alors qu'il se prépare à affronter son rival Maxence ; la bataille du pont Milvius lors de laquelle Maxence est vaincu ; le baptême de Constantin où l'empereur se convertit au catholicisme et la donation de Rome, acte de la Donation de Constantin énumérant les territoires et les privilèges accordés à la papauté.
5- La chapelle sixtine
La Chapelle Sixtine prend son nom du pape Sixte IV della Rovere (pape de 1471 à 1484) qui fit restaurer l’ancienne Cappella Magna entre 1477 et 1480. La décoration des parois remonte au XVe siècle et comprend : les tentures en trompe l’œil, les Histoires de Moïse (parois sud - entrée) et du Christ (parois nord - entrée) et les portraits des papes (parois nord - sud - entrée).Jules II (pape de 1503 à 1513), neveu de Sixte IV, décida de modifier en partie la décoration. En 1508, il confia les travaux à Michel-Ange qui exécuta la voûte et les lunettes en haut des murs. Les travaux furent terminés en octobre 1512. Les neuf scènes centrales représentent des épisodes de la Genèse, de la Création à la Chute de l’homme, avec le Déluge et la renaissance de l’humanité par la famille de Noé.Le programme général de la décoration picturale de la chapelle est réparti sur trois registres de bas en haut : le socle avec de fausses tapisseries, le second ordre avec des scènes de l'Ancien Testament (scènes de la vie de Moïse dont une de Boticelle) et du Nouveau Testament (scènes de la vie du Christ et celle la remise des clefs à Saint Pierre de Perugin) et enfin le plus haut ordre avec la représentation des papes martyrs.