Escapade dans l'Oise (1/2)
16 juillet 20255 minutes

Escapade dans l'Oise (1/2)
16 juillet 20255 minutes
Après la réussite de notre journée à Fontainebleau, nous sommes partis avec Yves et Mamylou pour une virée dans l'Oise.
Nous sommes arrivés à Noyon juste à temps pour un café !
NOYON
La première mention de Noviomagus remonte au 1er siècle après-J.-C. ; la ville est alors une fondation romaine, carrefour commercial le long de la via Agrippa et en bordure de l’Oise. Son toponyme composé du latin novius (nouveau) et du gaulois mago (marché) illustre cette origine d’échanges commerciaux.
À la fin du 3e siècle, Noyon est entouré de fortifications et devient une ville fermée de 2,4 hectares. Au 6e siècle, l’évêché quitte Tournai (en actuelle Belgique) et s’installe dans l’espace fortifié, qui devient le cœur de la vie ecclésiastique.
Durant le haut Moyen Âge, les faubourgs s’urbanisent progressivement, malgré les raids normands du 9e siècle et sont englobés à la fin du 12e siècle par le nouveau rempart médiéval. À cette époque Noyon acquiert le surnom de « bien sonnée » en raison de l’omniprésence d’établissements religieux. La cathédrale, construite de 1145 à 1231, est la première cathédrale gothique du Nord de la France. Elle est entourée d’un quartier cathédral élaboré pendant plusieurs siècles et composé de lieux particuliers et bien conservés comme la bibliothèque du Chapitre ou la prison de l’officialité.
Au 16e siècle, de grandes familles nobles et bourgeoises parent la ville de bâtiments au style mêlant gothique flamboyant et Renaissance. L’hôtel de ville et sa façade richement décorée en est un exemple remarquable.
Lors de la Première Guerre mondiale, Noyon se trouve à 10 km de la ligne de front. En 1918, la ville est détruite à 80%. La municipalité décide de moderniser le tissu urbain et de restaurer les monuments historiques à l’identique en conservant le caractère pittoresque qu’offrait la vieille cité avant sa destruction. Ce patrimoine, protégé au sein d’un site patrimonial remarquable (SPR) depuis 2000, est valorisé grâce au label Ville d’art et d’histoire accordé en 1998 ainsi que par les différentes campagnes de restauration des monuments historiques de la ville.
Jean Calvin (1509/1564), né Jehan Cauvin à Noyon, est un important réformateur, théologien et pasteur emblématique de la Réforme Protestante du XVIème siècle, notamment pour son apport à la doctrine dite du calvinisme. Le musée Jean Calvin est construit entre 1927 et 1930, à l'initiative de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français sur l'emplacement de la maison où est né Jehan Cauvin. Cette maison natale, détruite pendant les guerres de la Ligue, est remplacée par une nouvelle maison, elle-même détruite pendant la Première Guerre Mondiale. La thématique du musée s’établit autour de la personnalité de ce réformateur. Il y est également abordé l’Histoire des Guerres de Religions.
La cathédrale :
Cette doyenne des cathédrales gothiques du nord de la France a vu sa première pierre posée près de 20 ans avant celle de Notre-Dame de Paris, en 1145, elle est un véritable chef-d’œuvre du premier art gothique.
Installée sur le point le plus élevé de la ville, la cathédrale est entourée par un quartier cathédral rare en France qui est le plus complet et le mieux conservé des Hauts de France.
Haute de 22 mètres et longue de 102 mètres, elle offre en son sein une multitude de richesses comme sa nef, ses chapelles du Saint -Sépulcre ou de Notre-Dame-de-Bon-Secours, son maître hôtel du XVIème siècle, son chevet à déambulatoire ou son transept qui se termine en hémicycle.
Dans le chœur, on trouve le bel autel reliquaire où les reliquaires de saint Mummolin et de sainte Godeberthe encadrent la fameuse châsse de saint Eloi.
La châsse en bois doré adopte la forme d'un édifice de plan ovale, porté par huit pieds en forme de lion et surmonté d'un dôme à lanternon. Elle est recouverte d'une ornementation en bas-relief, sculptée dans la masse. Aux extrémités des deux axes, des porches à colonnes torses abritent chacun une figurine. D'autres figurines sont installées sur la balustrade qui couronne la châsse, ou dans des niches, creusées entre les porches.
La châsse actuelle de Sainte Godeberthe, réalisée en 1841, remplace le reliquaire datant de (1499-1503), réalisé par Jehan de Graval, orfèvre amiénois et fondu à la Révolution française. Elle est en bois doré et décorée de colonnettes, avec pieds et pots à feux ; son toit est amovible ; dans les niches ont été placées des statuettes.
Je n'ai rien trouvé sur le reliquaire de Saint Mumolin même si je l'ai vu et photographié !
Au nord, le quartier canonial comprend des bâtiments qui rappellent la vie des chanoines à l’époque : la salle capitulaire (l’ancien réfectoire des chanoines), le cloitre, sa jolie bibliothèque en bois et les maisons canoniales.
Nous sommes allés jusqu'à l'hôtel de ville qui reste l’unique exemple caractéristique du style flamboyant civil sur le territoire. Sa façade est richement décorée : creusée de niches, ses motifs sculptés représentent végétaux et animaux.
Nous avons acheté des "cœurs de Noyon" bonbons aux fruits rouge car les fruits rouges sont une spécialités du coin. Ce marché particulier est né au 19e siècle et se développe grâce à l’arrivée du chemin de fer en 1849. À l’origine, il se tenait place de l’hôtel de ville tous les jours exceptés les samedis, de juin à mi-juillet. Dès quatre heures du matin, l’ouverture était proclamée par un commissaire à l’aide d’une cloche. Les marchands vendaient et achetaient des fruits rouges qui étaient ensuite acheminés en gare de Noyon. Les cerises, fraises, framboises et groseilles étaient ensuite envoyées vers Paris, le nord de la France et l’Angleterre. La Première Guerre mondiale donne un coup d’arrêt à cette tradition. Le marché est remis au goût du jour en 1987. Depuis, chaque année, le marché se tient le premier dimanche de juillet. C’est l’occasion d’une grande fête où se rassemblent associations et producteurs locaux, artisans d’art et grands gourmands. Les nombreux visiteurs achètent et dégustent des fruits frais et des confitures, ainsi que des « cœurs de Noyon ».
Il était déjà l'heure de rejoindre le confluent des 2 canaux (celui "latéral à l'Oise" et celui du Nord) à Pont l'évêque où nous avons déjeuné dans un sympathique petit restaurant sans prétention.