Rappel : Le bronze contient approximativement 90 % de cuivre pour 10 % d’étain. Le processus de fabrication du bronze débute par la fusion du cuivre et de l’étain, deux métaux indispensables à la création de l’alliage. Les artisans chauffaient ces métaux à des températures élevées, autour de 1000°C, pour les mélanger et obtenir un alliage homogène. Une fois le métal fondu, le bronze devenait liquide et prêt à être moulé.
Le début de l’exposition présente les différents outils se trouvant dans l’atelier d’un bronzier, notamment des moules creusés dans la pierre (2ème photo de l'album). Cette prouesse technologique crée un métal particulièrement résistant et à la teinte dorée, très vite adoptée dans l’ensemble de l’Europe.
Haches, épées ornementées, bijoux et mêmes instruments de musiques, comme ce Lur (6ème et 7ème photos) venu de Blidstrup au Danemark sont exposés dans les premières salles.
L’un des principaux défis, lorsqu’il s’agit d’obtenir du bronze, consiste à se procurer du cuivre et de l’étain. En effet, ces deux métaux ne sont pas extraits dans les mêmes régions. Cette contrainte favorise alors la circulation des ressources. De la même façon, le bronze une fois produit va être déplacé par voies d’eaux ou voies terrestres. Les échanges s’accélèrent à un point telle à cette période, qu’on parle même d’une « bronzisation » de l’Europe, c’est-à-dire, une globalisation à l’échelle régionale. Le bronze était transportés sous forme de lingots de bronze en « peau de bœuf » découvert à Sète, ou à extrémités recourbées, enterré des millénaires dans le dépôt du Cap Hornu dans la Somme. L'exposition montre aussi les premières balances et poids qui permettaient de quantifier le bronze. En particulier, il a été retrouvé dans une tombe tout le contenu d'un coffret de bois (y compris les charnières) d'un marchand (du bois il ne restait qu'une tâche marron) (9ème photo).
Un des éléments à garder en tête lorsqu’on s’intéresse à l’âge du Bronze, c’est que la grande partie des trouvailles liées à cette période viennent de tombes ou de dépôts, c’est-à-dire d’enfouissement volontaire d’objets. « La plupart des objets étaient recyclés. En ce sens, l’acte d’en enterrer certains, révèle en creux leur importance ».
Dans les tombes, il a été retrouvé des armures, des bijoux, des chars (du moins les parties du char en bronze : cerclage des roues par exemple).
Certains objets comme cette situle (photo 14 et 15), récipient en forme de seau, de la sépulture d’Unterglauheim en Allemagne, témoignent d’une idée de l’au-delà. « Il est orné d’un disque solaire flanqué de deux oiseaux. Or, à l’intérieur de la situle, se trouvaient deux chaudrons aux bords plaqués l’un à l’autre. Eux-mêmes renfermaient deux coupelles en or, collées selon le même principe. Et à l’intérieur de ce dernier niveau d’emboîtement, se trouvaient les cendres d’ossements. » Ce dispositif funéraire faisait donc sûrement office d’urne et son décor portait la promesse de l’élévation céleste.
Noter en particulier le cône d’Avanton (16ème photo), une des créations les plus énigmatiques de l’âge du Bronze (il en existe 3 autres exemplaires).
La dernière partie de l’exposition se déroule au sein de la chapelle palatine du château de Saint-Germain-en-Laye. Elle s’intéresse à la vie quotidienne, domestique des hommes à l’âge du Bronze. Sous une charpente nue spécialement construire pour l’occasion, sont rassemblés objets et instruments couramment utilisés par une maisonnée, de la batterie de vaisselle au métier à tisser.
La dalle de Saint-Béléc (photos 26, 27 et 28), présentée à la fin du parcours, est peut-être l’une des plus anciennes représentations connues d’un territoire en Europe. Elle rend compte d’une volonté de structurer, comprendre et s’approprier l’espace. Elle marque une prise de conscience du paysage comme enjeu de pouvoir.
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