Atelier UOV : Saint Exupéry

10 mars 20258 minutes

Romaraine, Manuel, Alexandre, Jeannette et moi sous la houlette de Didier nous sommes à nouveau réunis pour un atelier. Jean-Marc, à distance, nous a présenté Saint Exupéry sous forme d'une biographie libre et émaillée d'extraits de ses livres.

Je recopie cette jolie présentation :

Biographie d’Antoine de Saint Exupéry : Lettre à Fatou et Issa, jeunesse du Sénégal

Toi Fatou l’Africaine et toi Issa, dont le prénom signifie « Dieu est généreux » en Arabe, vous dont vos parents ont certainement vu Antoine voler au-dessus d’eux, vous qui êtes de jeunes acteurs du monde moderne, souhaitez-vous prendre connaissance, comme vous me l’avez demandé, de quelques éléments de sa vie ? Voici ce qu’il m’a dit de vous dire :

« Jusqu’à l’âge de 9 ans, j’ai passé mon enfance entre l’appartement lyonnais de ma mère, le château de ma grand-mère dans le Var, et le château de ma grand-mère maternelle dans l’Ain.

Je ferai ma classe de huitième à Lyon.

Un an plus tard, ma mère s’est installée au Mans, près de son beau-père. Cela m’a valu d’être envoyé dans le collège jésuite de Notre Dame de Sainte Croix où j’ai tout fait pour être médiocre, indiscipliné et rêveur. J’ai bien réussi !

A 12 ans, je passe mes grandes vacances au village (très connu de ses habitants) de Saint Maurice de Rémens à 50 km au nord de Lyon. Je découvre alors l’aérodrome d’Ambérieu-en Bugey situé à quelques kilomètres où je me rends tous les jours en vélo. Je reste des heures à interroger les mécaniciens sur le fonctionnement des appareils. « Tu seras un jour mécanicien m’ont-ils dit. » Ils avaient tort mais pas vraiment tort ! Mais ce que je pistais, c’était de faire un tour en avion. Je leur ai raconté que ma mère m’avait autorisé à faire un baptême de l’air (ce qui était un mensonge) et hop j’ai fait mon deuxième baptême, cette fois en l’air.

J’ai eu mon bac à 17 ans. A 18 ans, j’ai échoué au concours de l’École Navale. Peut-être est-ce là ce qui m’a valu de mourir un jour dans l’eau froide de la Méditerranée.

Après beaucoup de questions, j’ai souhaité m’orienter vers les beaux-arts et l’architecture. Le dessin m’a toujours amené sur la route de la joie de vivre. Pourtant, il s’est agi d’une période difficile pour moi et un brin erratique : le sentiment de me retrouver sans projet de vie, sans avenir. Je comblais ces troubles de l’avenir en écrivant des poèmes ou en les calligraphiant ou en enluminant des dessins à l’encre de Chine ou en écrivant des cahiers de poésie.

Avril 1921, j’ai 21 ans (d’une naissance faite avec le siècle). Je commence mon service militaire de deux ans en tant que mécanicien au régiment d’aviation de Strasbourg. En juin, je ne pouvais m’empêcher de suivre des cours de pilotage civils à mes frais. Le 9 juillet, mon moniteur me lâche pour un tour de piste. Seul aux commandes de l’avion-école, je me suis présenté trop haut pour l’atterrissage. Zut, j’ai remis les gaz trop brusquement, ce qui a causé un retour de flamme au carburateur. J’ai bien cru que le moteur avait pris feu. Mais n’ayant rien à perdre, sauf la vie, je me suis lancé dans un second tour de piste et j’ai atterri en beauté. Mon moniteur, reconnaissant pour sa chance, a validé ma formation !

Titulaire du brevet de pilote civil, j’ai pu suivre les cours de pilote militaire : j’ai 21 ans. S’ensuit un long parcours : régiment d’aviation au Maroc, puis Casablanca où j’obtiendrai mon brevet de pilote militaire.

Je choisis mon affectation au Bourget. Je suis victime de mon premier accident d’avion à la suite d’une erreur d’évaluation, sur un appareil que je ne maitrisais pas, avec comme bilan une fracture du crâne : le prix à payer pour la sagesse !

1923 : je suis démobilisé au sens propre comme au sens symbolique : aïe, bobo ! S’ensuit une période de petits boulots qui ne me conviennent en rien. Je deviens contrôleur de fabrication au Comptoir de Tuilerie puis représentant de l’usine suisse Saurer, fabriquant entre autres de camions, où je réalise l’exploit d’en vendre un seul en un an et demi d’expériences. Je me lasse. Je démissionne. Flottaison…J’écris (une prose, Manon danseuse, puis des poèmes…)

1926 : Didier Daurat, directeur de l’exploitation des lignes de la compagnie Latécoère me fera rejoindre l’aéroport de Toulouse-Montaudran pour effectuer du transport de courrier sur des vols entre Toulouse et Dakar.

1927 : je suis nommé chef d’escale à Cap Juby au Maroc avec mission d’améliorer les relations de la compagnie avec les dissidents maures et les Espagnols. Heureusement, la magie du désert viendra compenser un sentiment total de solitude.

1929 : je rejoins mon ami Guillaumet en Amérique du Sud pour contribuer au développement de l’Aéropostale jusqu’en Patagonie.

1932 & 1933 : je suis pilote d’essai pour Latécoère, puis engagé au service de propagande d’Air France à partir de 1934

29 décembre 1935 : accompagné de mon mécanicien André Prévot, nous tentons un raid Paris-Saïgon en 3 jours et 15 heures. Volant en ligne droite vers Le Caire, au-dessus du Sahara, l’avion heurte un plateau rocheux du désert. Miracle, nous sommes vivants. Nous nous perdons dans les dunes de sables. Mirages et hallucinations. Deux Bédouins sur un dromadaire nous découvrent et nous sauvent la vie le quatrième jour d’errance.

Mon « Petit Prince », qui commence par un pilote échoué dans le désert, s’inspire de cette histoire.

1937 : avec mon inséparable mécano, nous partons à la recherche de voies aériennes pour rallier différentes villes africaines : Casablanca, Tombouctou, Bamako.

1938 : toujours avec André, nous tentons un nouveau périple en nous attaquant au raid de New York à Punta Arenas. Nous nous écrasons en bout de piste. Nous sommes tous deux grièvement blessés et soignés au Guatemala puis transférés à New York. Pendant la convalescence, je terminerai la rédaction de « Terre des Hommes » qui sera publié en 1939.

Guerre 1939-1945 : en 1939, je sers comme capitaine dans l’Armée de l’Air et rejoindrai une escadrille de reconnaissance aérienne, le groupe de reconnaissance 2/33. Pour avoir la Croix de Guerre, il faudra que mon avion soit criblé de balles par la DCA allemande.

Après l’armistice de juin 1940, je pars pour New York, je souhaite poursuivre la guerre en faisant entrer en guerre l’armée des Etats-Unis.

Mais j’ai été considéré par certains comme pétainiste car non gaulliste, considérant avec méfiance le général De Gaulle, lui reprochant de nier la défaite militaire de la France. De fait, je souhaitais protéger les Français en essayant de réconcilier les factions opposées.

Je lançais un appel de New-York, trois semaines après le débarquement allié en Afrique du Nord : « Français, réconcilions-nous pour servir. »

Mais cet épisode restera douloureux pour moi : j’ai été incompris mais le mal était fait.

En janvier 1941, le maréchal Pétain m’a nommé, sans me prévenir, au Conseil National, l’assemblée consultative de Vichy. Ma nomination n’était qu’une rumeur. En réalité, j’étais entré dans la liste des membres du comité provisoire du Rassemblement pour la Révolution nationale.

Le 8 décembre 1941 (combien de temps faut-il aux Américains pour nous aider ?), les Etats-Unis entrent en guerre. Je publie à New-York en février 1942 « Pilote de guerre ». J’y montre une France qui ne s’est pas rendue sans avoir mené une héroïque bataille de France.

En avril 1943, bien que considéré par les Alliés comme un pilote trop âgé pour un avion de combat, je quitte les États-Unis et reprends du service actif dans l’aviation en Tunisie.

A force de lutte et de réseaux avec mes anciens, je parviendrai à rejoindre aux Etats-Unis le prestigieux groupe 2/33 dans lequel j’avais servi en 1939-1940. Toujours dans la reconnaissance aérienne, j’ai pu effectuer quelques missions et obtenu ma promotion au grade de commandant. Mais plusieurs incidents me placent « en réserve de commandement » dès aout 1943, étant donné mon âge et mon mauvais état de santé général, consécutif à mes accidents aériens.

La suite, vous la connaissez : ma mission consistait en une série de reconnaissances photographiques afin de tracer des cartes précises du pays, fort utiles au tout prochain débarquement en Provence, prévu pour le 15 août.

Pour le coup, c’est moi qui ait été débarqué !

Fatou et Issa, mes amis(es), envolez-vous sur les chemins de la passion, ne visez que les altitudes perchées au-dessus des nuages et n’hésitez jamais à parcourir inlassablement les sommets de votre monde !

Ensuite, Didier nous a proposé les 3 pistes suivantes :

  1. Un voyage dans le futur

  2. Mon premier livre

  3. Le petit prince se réveille en 2025, que voit-il, que pense-t-il, que dit-il ?

  • Romaraine nous a décrit un futur sombre, noir auquel elle préfère le présent.

  • Jean-Marc a rédigé un texte sur la réception du premier livre qu'il a écrit et dont il est fier mais que son premier lecteur n'a pas vraiment apprécié !

  • Manuel a voyagé dans un futur toujours poétique coloré d'azur

  • Alexandre hésite entre 3 futurs le premier technologique, le second sombre et le troisième bisounours

  • Jeannette a partagé l'importance relative des livres : conte de fées contre mathématiques

  • J'ai essayé de transmettre le plaisir de mes premières lectures dans ce texte.

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