Epée

L'enjeu était de taille et malgré les aides promises, l'artisan était anxieux. Pourtant il savait qu'il avait été choisi parmi ses pairs pour son habileté et son excellence, acquise au fil des ans.Mais cette commande était spéciale, unique.
Il se mit à l'oeuvre avec son jeune apprenti et commença à trier sa réserve de bois. Il ne faudrait utiliser que des espèces nobles qui transmettraient leurs qualités druidiques : la force et la longévité du chêne séculaire, la souplesse de l'aulne, la générosité du châtaignier et le piquant du houx.
Une fois le bûcher équilibré, un mage puissant viendrait l'enflammer et ce feu durerait le temps nécessaire et délivrerait la chaleur exacte. Les sorts jetés et l'utilisation savante du soufflet en seraient les garants.
Toutefois avant d'en arriver là, le forgeron devait encore s'approvisionner en métal.De l'argent symbole de loyauté évidemment mais surtout du fer le plus pur possible qui conférerait à la lame la dureté et l'invincibilité attendues.
Les autres métaux porteurs de protections magiques, seraient, plus tard, insérés sur le pommeau par un joaillier, lui aussi soigneusement sélectionné. Dans une épée la lame est essentielle mais les autres parties ont aussi leur importance !
Pendant huit jours le forgeron travailla sans relâche, martelant, peaufinant, reprenant le métal jusqu'à l'obtention d'une lame parfaite.

Au huitième jour Merlin et Viviane étaient là.

Viviane avait apporté l'eau de la forêt de Brocéliande, dans laquelle l'artisan plongea la lame dans un grand sifflement de vapeur. Désormais la lame avait acquis la pureté de l'onde magique, pureté qui se communiquerait au porteur de l'épée.

Après le long et délicat travail du joaillier, Merlin partit sur la lande pour trouver l'endroit idéal où les forces terrestres affleuraient à la surface. Il parcourut les bruyères et les prairies avant d'arriver au rocher prédestiné et utilisant les plus puissants de ses sorts, il y planta Excalibur !

2017-12-16