Haïti

14.70/20

Au grand Palais une étonnante exposition. Déjà c'est une petite exposition, dans une seule salle. Ensuite elle présente, comme dans une galerie d'art, un ensemble d’œuvres haïtienne. Les plus anciennes datent de 1783 et les plus récentes créées pour l'événement !

Curieusement ces œuvres toutes différentes présentent une certaine homogénéité. Je ne sais pas trop comment l'exprimer... Elles sont toutes bizarres, par opposé à conventionnelle, elles sont toutes colorées même les sculptures couleur rouille ou bombé pour paraître argentée.

L'exposition est partagée en quatre zones non chronologiques.

Sans titre : beaucoup de peintures du quotidien. Je retiens la carcasse de Manuel Mathieu, les images vidéo filmées à travers du fil barbelé et les monumentales statues d'"oiseaux" perchés sur des jantes.

Paysages : résolument moderne et abstraite (pour s'opposer à l'art naïf), j'accroche moins.

Esprits : entre spiritualité et superstition, on retrouve des crucifix en matériau curieux (fourchettes pour les mains), des tableaux en boutons, des Bosou et autres loas (esprits du vaudou), quelques peintures naïves.

Chefs : section réservée aux portraits, certains académiques et d'autres caricaturaux comme Duvalier représenté sous forme de pintade.

3 tête à tête présentent des œuvres en "miroir" :

1- Télémaque, haïtien qui ne montre Haïti que de façon implicite ou suggéré contre Basquiat,new-yorkais d'origine haïtienne qui utilise les symboles de son île.

2- Hubert, femme suisse qui travaille à Helsinski et a exposé une vidéo où elle se couche de multiples fois dans la neige (habillée en bleu et rouge - couleur du drapeau haïtien) pour figurer les victimes du séisme contre Jean-Ulrick Désert, haïtien qui propose une constellation (médailles de Joséphine Baker sur fond rouge).

3- Robert Saint Brice, décédé en 1973 contre Sébastien Jean, né en 1980 peignant tous deux des figures déformées qui semblent faire appel à des puissances occultes.

Annexe sur le vaudou :
A partir des croyances de certaines régions d'Afrique, (Golfe du Bénin - Ghana, Nigéria, Togo…) les esclaves déportés vers les Antilles ont élaboré une religion nouvelle, intégrant aux cultes de divers royaumes africains qu'ils venaient de quitter, les rites et personnages du catholicisme imposé par leurs colonisateurs.

Sur les bateaux négriers déjà, où les souffrances étaient terribles (famines, sévices, humiliations, assassinats) de longues complaintes s'élevaient parfois : c'était l'invocation des esprits protecteurs de l'Afrique lointaine, seule lumière d'espoir au milieu d'une nuit sans fin.

2015-01-27

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